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Entretien avec Maître Gilbert Collard

Député du Gard du Rassemblement Bleu Marine, Me Gilbert Collard connaît bien l’affaire Tangorre. Et pour cause : en 1983, il était l’avocat des victimes du violeur et il avait fait condamner Luc Tangorre à 15 ans de prison. A l’époque, la gauche l’avait traité de salaud ! Pour « Minute », il revient sur ce scandale orchestré par une certaine intelligentsia.

« Minute » : Quand, en mai 1983, Luc Tangorre a été condamné à 15 ans de prison, immédiatement l’intelligentsia et la gauche caviar se sont mobilisées pour crier à l’erreur judiciaire. Comment expliquer qu’un tel comité de soutien se soit créé pour défendre un sordide violeur ?
Me Collard : Dès sa mise en examen, Tangorre a été soutenu par une amie de sa famille, une intellectuelle, chercheur au CNRS, Gisèle Tichané. Et quand il a été condamné en 1983, cette intello a activé ses réseaux, les milieux universitaires, les milieux gauchistes… C’est comme ça que des Pierre Vidal-Naquet, Jean-Denis Bre­din ou Gilles Perrault sont arrivés à défendre l’indéfendable.
C’est hyper intéressant à analyser : le cas Tangorre montre que les milieux de gauche sont prêts à sacrifier l’idée de justice, uniquement pour mener des combats qui les met­tent en valeur ! Ils exploitent des affaires montées de toute pièce dans lesquelles ils se donnent le beau rô­le ! Alors que les preuves de sa culpabilité étaient accablantes, ils ont martelé dans l’opinion : « Tangorre est innocent », « Tangorre est innocent” ». Et ça a marché.

Effectivement, Tangorre a obtenu une grâce du président Mitterrand et il a été libéré en février 1988. Comment avez-vous vécu ce mauvais coup du père François ?
Je n’ai jamais digéré cette grâce. Je me suis battu pour dénoncer cette décision qui était une insulte. J’étais l’avocat des victimes, j’avais la conviction que Tangorre était le coupable et que sa condamnation n’était que justice. Le président de la cour d’assises m’avait d’ailleurs confié que, sans ma détermination, Tangorre s’en serait peut-être tiré par ses mensonges.
Alors, grâce ou pas grâce, j’ai con­tinué à clamer que Tangorre était bien coupable. Ce qui m’a valu à l’époque d’être accusé de tous les maux. Du reste, l’acharnement de la gauche contre moi a commencé avec cette affaire. Pour avoir fait condamner Tan­gorre, c’était moi le salaud ! J’ai vécu des trucs inimaginables ! Dans le livre qu’elle a écrit sur l’affaire, Gisèle Tichané m’a littéralement pour­ri. La presse de gauche m’a craché dessus. Si vous reprenez des articles de « Libération » ou du « Nouvel Observateur » de l’époque, vous lirez que j’étais le salopard qui avait fait con­damner un innocent.
J’avais pourtant raison. A peine sorti de prison, Tangorre a récidivé en mai 1988 en violant deux étudiantes américaines. Mais de ces jour­naleux qui m’avaient cloué au pilori, pas un ne m’a présenté ses excuses. C’est ça qui est formidable avec ces intellos de gauche : même quand ils se trompent, ils refusent d’admettre qu’ils se sont trompés.


Suite à sa récidive et à sa deuxième condamnation en février 1992, Luc Tangorre aurait dû sortir de prison en 2006. Or, grâce à une remise de peine, il a recouvré la liberté dès septembre 2000. La justice ne s’est-elle pas avec lui encore montré trop bonne fille ?
Personnellement, je ne suis pas contre les remises de peine et les mi­ses en liberté conditionnelle. Je suis pour la réinsertion. Mais ce qui est insupportable, c’est l’inintelligence avec laquelle ces remises sont accordées. Et quelle inintelligence que de remettre en liberté un type comme Tangorre qui a été con­damné à deux reprises pour viol ! Qu’espérait-on ? Que l’adage jamais deux sans trois se vérifie ? Si c’est ça, c’est bien parti.
Alors oui, je suis pour les remises en liberté, mais pour les détenus qui le méritent. Or je vois des gens méritants qui ne sont pas remis en liberté, tout bonnement parce qu’ils n’ont pas les soutiens nécessaires, tout simplement parce qu’ils n’ont pas les amitiés qui feraient que… Si ça se trouve, les réseaux Tangorre ont continué à fonctionner pour obtenir sa libération dès septembre 2000…                           


Propos recueillis par Pierre Tanger

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